jeudi 9 avril 2020

Jeudi Saint - La dernière Cène



Les repas sont très importants dans la vie.  Non seulement parce qu’on y mange de la nourriture qui soutient notre corps mais aussi parce qu’il s’agit d'une occasion où nous pouvons nous rencontrer en famille et partager d’agréables moments.  D’ailleurs, presque toutes les fêtes de famille impliquent un repas sous quelque forme que ce soit.  Manger et être heureux vont main dans la main.
Jésus a choisi l’occasion d’un repas pour partager avec ses disciples un dernier moment d’intimité avant l’heure de sa Passion.  Il leur a alors offert un long discours d’adieu.  Il s’est même permis de poser un geste d’humilité en nouant le tablier autour du coup et en se mettant à genoux au pied de ses disciples pour leur laver les pieds.  À l’époque de Jésus, ce sont les esclaves qui lavaient les pieds de leurs maitres et leurs invités.  En posant ce geste, Jésus nous fait une leçon d’humilité et de service.  Ce qu’il a fait pour ses disciples, il faut le faire les uns pour les autres.  Si nous sommes les amis de Jésus, nous devons servir les autres.
S’il y a quelque chose de positif avec le virus corona, c’est qu’on a plus le choix de rester à la maison, de cuisiner de bons petits plats et de manger ensemble.  D’habitude on n’a pas le temps à cause du travail, des amis, des devoirs et à cause de toutes sortes d’autres choses…  Depuis trois semaines, on n’a pas le choix : tant qu’à manger, aussi bien le faire ensemble!
Alors, on laisse de côté nos téléphones et on prend le temps d’être ensemble, de parler ensemble, d’avoir du plaisir ensemble, d’écouter l’autre, de se laisser écouter par l’autre; bref, d’aimer les autres et de se laisser aimer par eux.  Ça fait du bien finalement!

J’aime ça m’imaginer que c’est exactement ce que Jésus désirait faire avec ses disciples lors de la dernière Cène.  Comme c’était son dernier repas avec eux, il a voulu leur laisser tout ce qui était important pour lui.  Trois choses d’après moi : son corps et son sang d’abord,  la plus belle nourriture qui soit;  une nourriture pour le corps et une nourriture pour l’âme.  La deuxième : le commandement du service, car « il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis », et la troisième : l’importance de passer du temps ensemble. 
D’après la tradition, la dernière Cène de Jésus était aussi la Pâque juive.  Jésus, tout Juif qu’il était, fête aussi la Pâque car il va bientôt passer de ce monde vers son Père.  Avant son départ, Jésus nous donne tout ce dont nous avons besoin pour nous y préparer ; et je me répète : il nous donne son corps et son sang, il nous donne le commandement du service, et il nous enseigne à propos de l’importance de passer du temps ensemble.
Par contre, deux des trois points sont impossibles à réaliser cette année dans nos communautés paroissiales : vous ne pouvez pas recevoir la communion et on ne peut pas être ensemble.  La seule chose qu’on peut faire c’est servir.  Alors, servez-vous!  Servez-vous les uns les autres, et servez-vous à la table familiale de Pâques, parce qu’après tout le plus grand commandement d’après Jésus c’est de nous aimer les uns les autres comme il nous a aimé.  Et ça personne peut vous l’enlever.

samedi 4 avril 2020

"Mon Dieu, comment on va faire?" (Dimanche des Rameaux et de la Passion)


La sauce aigre-douce, vous aimez?  Vous savez, quand on va au restaurant pizzeria Alexandria et qu’on commande des mets chinois, on nous propose souvent une sauce qui goûte à la fois sucré et amer…  C’est une combinaison de goût qui est très populaire en cuisine et pas seulement pour les mets asiatiques.  On dit que nos papilles goûtent d’abord le sucré sur le bout de la langue et qu’ensuite on goûte les goûts plus amers à l’aide d’autres papilles.
Il me semble que la liturgie du dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur nous propose justement une liturgie qui a une saveur aigre-douce.  On a d’abord souligné l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem au début de la célébration.  C’était là la saveur plus douce du jour.  Et puis nous avons enchainé avec la lecture de la Passion dans l’évangile selon St Matthieu et là c’était le côté plus amer du jour.
C’est comme ça pour la liturgie.  Ç’a été comme ça aussi pour la vie de Jésus.  Pendant sa vie publique, Jésus a vécu des moments de grandes joies.  Des moments qui ont lui apporté beaucoup de satisfaction, sachant que ce qu’il accomplissait faisait une différence dans la vie des gens.  Mais il a aussi vécu des moments de détresse intérieure qui ont culminés au moment de sa passion.  Il lui a semblé à ce moment-là qu’il perdait son temps.  Le démon le tentait pour qu’il se décourage.
Notre vie n’est pas différente de la vie de Jésus.  Nous aussi nous avons vécu des moments de grande joie.  On a vraiment l’impression de faire une différence dans la vie de notre communauté.  On fait une différence dans nos familles.  On fait une différence au travail.  On gagne bien notre vie.  Et puis, soudainement, tout bascule.  Le virus COVID-19 apparait sur le marché et on perd notre travail, on vit dans l’isolement, on a que des contacts virtuels avec nos amis et nous vivons à l’heure de la distanciation sociale et du confinement.  C’est pas jojo par les temps qui courent. Et en plus on nous a annoncé hier qu’on pourrait avoir à subir les impacts du virus pendant 18 mois, voire même deux ans.  Mon Dieu, comment on va faire?
Si on avait dit à Jésus au moment de son baptême au Jourdain tout ce qui l’attendait, je suis à peu près certain qu’il aurait lui aussi demandé : « Mon Dieu, mais comment je vais faire? »  Jésus a été courageux jusqu’au bout.  Il a été courageux parce qu’il était rempli de l’Esprit Saint, l’Esprit du Seigneur Dieu.  Jésus nous a donné l’exemple ce matin.  Quand il a été accueilli triomphant, il nous encourageait.  Quand il a été cloué sur la croix, il nous a donné l’exemple et il nous encourage, encore une fois.

Dieu seul sait ce qui nous attend d’ici une semaine ou deux, ici chez nous dans Glengarry.  Si on connaissait le futur, on demanderait peut-être « Mon Dieu, mais comment on va faire? »  C’est inutile.  Jésus nous donne l’exemple.  Son dernier cri sur la croix sonne comme un cri de désespoir : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné? »  Soyons patients.  Soyons courageux.  La suite sera plus belle.

samedi 28 mars 2020

Ne pas dire: "Si seulement j'avais su!" (Jean 11,1-45)


Attribution: Superman Fights Coronavirus by Rick McKee, CagleCartoons.com

J’ai vu cette caricature sur internet cette semaine et ça m’a fait bien rire.  Vous voyez ici Superman assis confortablement dans son salon.  Une dame qu’on peut imaginer être sa mère lui adresse un reproche sur un ton un peu agressif en lui demandant s’il ne pourrait pas faire quelque chose pour combattre le virus COVID-19.  Superman répond en disant : « Mais je fais quelque chose ».  Il a en main un journal dont la manchette en première page dit : « Restez à la maison. »  C’est sympa non?
Nos superhéros ces jours-ci ce sont les professionnels de la santé qui s’occupent de nos malades atteints du virus.  Leur dévouement n’a pas d’égal.  On peut prier pour eux ce matin.
Jésus aussi joue aux superhéros dans l’évangile.  Nous avons ici un des textes les plus spectaculaires de tous les évangiles!  Peut-il y avoir quelque chose de plus extraordinaire que de faire ressusciter un mort?  Et de le ramener à la vie 48 heures après son décès?  Et après qu’il ait été déposé dans sa tombe?  Et que l’odeur de la mort se fait sentir?  De fait, dans l’évangile selon St Jean la résurrection de Lazare représente le point de non-retour pour Jésus.  À partir de ce moment, ses ennemis vont définitivement avoir décidé de son sort.  Il est fini.
Est-ce pour cela que Jésus hésite à aller voir son ami?  En tout cas, l’attitude de Jésus est étonnante.  Mettons-nous à la place de Marthe et Marie qui envoient un messager dire à Jésus que son ami Lazare est mourant.  Ce messager revient et dit à la famille : « Je ne sais pas trop.  Il avait pas l’air pressé. »  Mettons-nous à la place de Lazare aussi!  Il sait qu’on est allé aviser Jésus.  Il sait que Jésus sait qu’il est mourant.  Il fait un effort pour l’attendre parce qu’il sait que Jésus pourrait le sauver.  Mais Jésus n’arrive pas.  Quelle effroyable agonie!
Parfois dans la vie on dit : « Si j’avais su! »  Combien de fois l’avez-vous dit et pour combien de circonstances différentes?  Pensez-y.  Je ne donne même pas d’exemple… « Si seulement j’avais su. » Jésus ne pouvait pas dire en arrivant chez son ami Lazare 48 heures après sa mort : « Si j’avais su! »  Il n’avait même pas besoin de le dire.  Jésus savait ce qu’il faisait depuis le début.  Il voulait tester la foi de Marthe et Marie.  Mais à quel prix pour le pauvre Lazare?

Cependant, une fois que le miracle est accompli, plus personne dans le foyer de Béthanie ne va mettre en doute les intentions de Jésus.  Tout le monde comprend que cet événement prodigieux était destiné à prouver que Jésus est Maître de la vie et de la mort.  Jésus est prophète ici.  Il parle de sa propre mort.
Depuis trois semaines déjà les autorités sanitaires nous cassent les oreilles en nous disant de rester à la maison.  La raison est simple : le seul moyen de nous protéger contre ce virus aux conséquences dévastatrices, c’est précisément de rester à la maison.
Dans un mois, ce serait dommage que vous et moi on se mette à dire : « Si seulement j’avais su! »  Parce que c’est un fait que… nous savons.
Vous et moi, nous pourrions être des superhéros comme Superman dans la caricature.  Vous et moi nous pourrions faire un acte de foi semblable à celui de Marthe et Marie (malgré leur doute) pourvu que nous mettions en pratique cette parole toute simple : « Restons à la maison. »

samedi 21 mars 2020

Poser des questions et y répondre... (Jean 9,1-41)


Vous rappelez-vous l’époque où ce n’était pas bien vu de trop poser de questions dans l’Église?  Quand quelqu’un demandait : « Pourquoi c’est comme ça? », on l’interprétait comme une manière de mettre en doute le status quo.  C’était comme si on nous disait : « Si tu as la foi, pose pas de question! »

Or, ce n’est pas vraiment le parcours de l’aveugle-né dans le texte de l’évangile que nous venons d’entendre.  Car ce pauvre type est malmené de tous bords et de tous côtés.  Tout le monde lui pose des questions, parfois la même deux fois plutôt qu’une, et lui-même en a une ou deux.  Le plus étrange cependant c’est que ces questions bien loin de le faire sombrer dans le doute sur lui-même et sur ce qui lui arrive, le font plutôt approfondir sa foi…  Voyez par vous-même : au début du récit il désigne Jésus simplement par le terme « l’homme qu’on appelle Jésus » mais à la toute fin du récit, quand Jésus lui demande : « Crois-tu au Fils de l’homme? »  Il finit par le reconnaitre et proclame : « Je crois, Seigneur! »  Jésus n’est plus seulement un type quelconque, il est devenu son maitre et son Seigneur.  Ils se connaissent mutuellement.
Ce que ce récit nous montre c’est qu’il n’y a rien de mieux dans la vie que de se poser des questions.  C’est bien de se poser des questions par rapport à nous-mêmes : « Est-ce que je suis vraiment la personne que je désire être? »  « Quelles sont mes forces?  Quelles sont mes faiblesses? »  C’est important aussi de laisser les autres nous remettre en question.  Parfois, une personne qui nous connait bien a le mot juste pour nous remettre sur le droit chemin quand on en a de besoin.  Et enfin, parfois il ne faut pas avoir peur de nous-mêmes poser des questions en fonction des événements de la vie. Ce qui est en jeu ici, c’est de se connaitre vraiment personnellement.  Ç’a fait du bien de se connaitre soi-même.
C’est ce qui arrive à l’aveugle-né.  Plus on lui pose des questions, plus il se rend compte que Jésus doit être quelqu’un de spécial.  Quand il constate que les Pharisiens ne comprennent pas et ne veulent pas comprendre, quand il constate que sa propre famille a peur, il passe de l’indifférence à une profession de foi pleine de vigueur.  Parfois, ç’a fait du bien de poser des questions et de faire un effort pour y trouver des réponses.
Présentement, il y a beaucoup de monde qui se posent des questions par rapport à la menace du virus Covid-19.  Certains vont même jusqu’à remettre en question la pertinence des mesures draconiennes que le gouvernement impose à  la population.  On questionne et on met en doute.  Or, j’ai été surpris de voir sur facebook le témoignage d’un citoyen du nord de l’Italie qui a survécu au coronavirus et qui offre un plaidoyer percutant par rapport à son expérience.  Il dit : « Contrairement à ce que certaines personnes prétendent, ce virus n’est pas seulement une grippe.  C’est quelque chose qui prend possession de tout ton être et qui prend tes poumons.  Il y a trop d’ignorance par rapport à ce virus, dit-il.  Comment peux-tu vaincre ce que tu ne connais pas? »  Il a bien raison ce monsieur, comment peut-on vaincre l’ennemi qu’on ne connait pas…  C’est bien vrai. 
À l’heure actuelle de grands sacrifices sont imposés à chacun et à chacune d’entre nous.  On n’a pas encore vu le pire de la pandémie.  À défaut de ne pas connaitre l’ennemi, il faut se protéger.  Et dans un autre ordre d’idées (totalement), si on réalise à un moment donné ou l’autre dans notre vie que la personne de Jésus nous fait beaucoup plus de bien qu’on le pensait au départ, c’est peut-être le temps pour nous de nous rapprocher de lui.  L’aveugle-né l’a fait et il peut enfin dire : « Jésus, je te connais. »

dimanche 15 mars 2020

Avoir soif! (ou bien, le virus corona n'aura pas le dernier mot)


Avez-vous déjà eu soif?  Vraiment soif?  Au point d’avoir la bouche sèche?  En plein été?  Durant la canicule?  « Si seulement je pourrais avoir de l’eau, » pensiez-vous.  Même de l’eau pétillante à saveur de fruit, vous connaissez?  Une eau pétillante, bien fraîche.

La Samaritaine qui se présente au puits au moment le plus chaud de la journée avait probablement soif.  En tout cas, elle avait besoin d’eau.  Jésus aussi doit avoir soif.  Lui aussi se présente au puits.  Dans leur soif respective se dégage une rencontre qui dévoile une autre soif plus profonde : la soif de la Samaritaine pour l’amour vrai et la soif de Jésus d’offrir cet amour à quiconque voudra bien l’accueillir.
Nous vivons présentement une période stressante pour la vie de chacun et de chacune d’entre nous.  Des personnes âgées s’inquiètent pour leur bien-être physique, des parents s’inquiètent pour leurs enfants de même que pour leurs parents.  D’autres pensent peut-être que les mesures prises sont exagérées.  D’une manière ou l’autre, notre vie quotidienne est bouleversée, notre routine est sens dessus dessous.  Nous vivons dans l’incertitude par rapport au lendemain, voire même dans l’anxiété.
Pour vous qui êtes ici tous les dimanches, l’idée qu’on puisse vous priver de l’Eucharistie alors que vous en avez le plus besoin est pour le moins déconcertante.  C’est un sacrifice difficile à accepter.  Après tout, quand on a soif, on veut boire!
J’aimerais vous dire ce matin que la soif spirituelle ne se rassasie pas de la même manière que la soif du corps physique.  Pour le corps, tant qu’on n’a pas de l’eau, notre soif n’est pas rassasiée.  Pour l’esprit, pour l’âme, c’est différent.  Écoutez-moi bien : le seul désir spirituel peut compenser le manque; oui, le seul désir spirituel peut compenser le manque.  Car Dieu ne regarde pas comme les hommes, Dieu regarde le cœur.  Si vous désirez intensément quelque chose, le Seigneur le sait, lui.

Ainsi donc, vous avez soif de célébrer l’Eucharistie.  Vous êtes peinés et désorientés que cela ne soit pas possible. Vous vivez un moment difficile qui vous cause du stress et vous vous voudriez pouvoir rencontrer Jésus.   Eh bien, vous pouvez très bien le faire dans le secret à partir de la maison et désirer communier avec Jésus de manière spirituelle, dans votre cœur.  C’est ce qu’on appelle faire une communion spirituelle.
Alors, avez-vous soif?  Désirez-vous rencontrer Jésus?  Désirez-vous le recevoir?  Alors disons ensemble cette belle prière composée par St Alphone de Liguori au 17e siècle :
Mon Jésus, je crois à votre présence dans le Très Saint Sacrement.
Je vous aime plus que toute chose et je désire que vous veniez dans mon âme.
Je ne puis maintenant vous recevoir sacramentellement dans mon cœur : venez-y au moins spirituellement.
Je vous embrasse comme si vous étiez déjà venu, et je m’unis à vous tout entier.
Ne permettez pas que j’ai jamais le malheur de me séparer de vous.  Amen.

dimanche 9 février 2020

Jésus, un coach de vie (Matthieu 5,1-16)

Avez-vous déjà entendu parler des coachs de vie?  Savez-vous c’est quoi?  On les appelle « Life Coach » en anglais et on les associe souvent avec les psychologues.  On dit que le coaching de vie s'adresse aux personnes relativement « saines d’esprit » aux prises avec des difficultés normales de la vie. Le coach de vie accompagne son client à atteindre ses buts.  Les clients des coachs de vie ne sont pas seulement des individus; des compagnies et des organisations ont souvent recourt à des conférenciers doués qui vont s’adresser aux membres du groupe en parlant par exemple de la pensée positive (ou positive thinking, comme on l’appelle en anglais).

Voici quelques exemples de pensées positives qui sont supposées vous remettre de bonne humeur et vous encourager dans la vie : « Tu as le droit d’être toi-même.   Il n’y a pas d’échecs, il n’y a que des expériences.  Tes efforts, ton travail sont une raison d’être fier de toi.  Tu n’es pas en train d’échouer, tu es en train d’apprendre.  Tu n’as pas besoin d’être parfait.  Chacun d’entre nous est une merveille. »
C’est jolie, n’est-ce pas?  Vous vous sentez mieux, n’est-ce pas?  Si Jésus vous disait cela ce soir, vous seriez drôlement heureux et heureuses, n’est-ce pas?  Eh bien, Jésus nous dit justement : « vous êtes le sel de la terre, vous êtes la lumière du monde. »
Cependant, la portée de ces affirmations de Jésus va beaucoup plus loin que les belles pensées positives que je vous ai nommées. Ces pensées-là ont un seul but : vous permettre de croire en vous-mêmes, de croire que vous pouvez accomplir tout ce que vous voulez et réussir tout ce que vous entreprenez.  Jésus, lui, nous offre des paroles qui nous permettent de croire en LUI d’abord et croire que la vie humaine vaut beaucoup plus que les expériences qu’on a sur la terre, peu importe qu’elles soient fantastiques ou catastrophiques.

Voyez-vous, quand Jésus nous dit : « vous êtes le sel de terre, vous êtes la lumière du monde » il ne nous dit pas ça pour nous faire plaisir à nous, il dit cela pour nous encourager à faire plaisir aux autres.  « Vraiment? », me demandez-vous?  Bien sûr.  Quand Jésus dit : « vous êtes le sel de la terre », il nous dit qu’il faut donner du goût aux aliments, il faut donner du goût à la vie des autres.  S’il nous avait dit : « vous êtes un gâteau au chocolat » ça aurait été différent!  Personne n’a jamais mangé du sel tout seul, mais si c’est votre fête vous pouvez très bien manger le gâteau au chocolat d’un seul coup.
Quand Jésus nous dit : « vous êtes la lumière du monde », il ne dit pas que nous sommes brillants comme le soleil, ou intelligents comme une ampoule de 150w.  Il nous dit : « que votre lumière donne aux autres la possibilité de voir plus clair. »  La lumière n’est pas pour nous, elle est pour les autres.

Les coachs de vie et les conférenciers sur la pensée positive sont plus populaires que jamais.  Pendant ce temps, nos églises sont à moitié vides.  On pourrait essayer de trouver dans les évangiles des épisodes où Jésus essaie de nous remonter le moral, et pour ça, on n’a pas besoin d’aller plus loin que les versets qui précèdent l’évangile d’aujourd’hui.  Il s’agit des Béatitudes.  Or, Jésus dans les Béatitudes nous surprend.  Il nous dit : vous êtes heureux!  Oui vous êtes vraiment heureux!  Et alors on demande : « comment on est heureux ? » et Jésus répond : « Heureux les pauvres de cœur, heureux ceux qui pleurent, heureux les doux, heureux ceux qui ont fait et soif de la justice, heureux les miséricordieux, heureux les cœurs purs, heureux les artisans de paix, heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, heureux si l’on vous insulte, si l’on vous persécute, et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous. »

Drôle de pensée positive?  Drôle de coach de vie, n’est-ce pas?  Et pourtant, c’est Jésus qui le dit.  Et il le répète plus tard dans son évangile : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive car qui perd sa vie à cause de moi la gardera. »
Alors, si nous avons envie de nous décourager parfois, retournons à l’évangile, et répétons les paroles de Jésus : « je suis le sel.  Je suis la lumière. Je peux vraiment faire une différence dans la vie des autres. »  Après tout, «  il y a plus joie à donner qu’à recevoir » et ça c’est la Bible qui le dit et les coachs de vie aussi!

dimanche 2 février 2020

Jésus est la lumière

(Luc 2,22-40)
Vous vous demandez peut-être comment ça se fait qu’on célèbre aujourd’hui la Présentation du Seigneur au Temple?  Ça n’arrive pas tous les ans.  La dernière fois que c’est arrivé c’était en 2014.  Il s’agit d’une des fêtes fixes du calendrier liturgique qui, lorsqu’elles tombent un dimanche, prennent la place de la célébration du dimanche.  Vous voulez quelques exemples?  La Transfiguration du Seigneur au mois d’août, la Croix glorieuse au mois de septembre et la Dédicace de la basilique du Latran au mois de novembre.  Ces célébrations sont prévues à des dates bien précises.

Aujourd’hui, 2 février, 40 jours après Noël, nous célébrons la Présentation du Seigneur au Temple.  On rappelle le geste posé par Marie et Joseph qui portèrent l’Enfant Jésus au Temple pour la purification de la mère et de l’enfant selon les prescriptions de la loi de Moïse.  Marie et Joseph étant de fervents Juifs, ils n’allaient pas négliger ce devoir de leur part.
De par la signification très spirituelle de cette fête, le saint pape Jean Paul II a établi en 1996 que ce jour serait désigné comme la Journée de la vie consacrée.  Cette journée a pour objectif de présenter la vie religieuse à tous les fidèles, tout spécialement les jeunes, afin qu’ils aient une connaissance exacte de ce grand don de Dieu qu’est la vie consacrée.

Le geste des chandelles allumées est significatif mais il demande un peu d’explication.  En tout cas, il ne faut pas le confondre avec celui de la Veillée pascale!  Il ne faut pas non plus le confondre avec le dimanche des rameaux.  Ce qui est important ici, c’est le geste d’allumer des chandelles afin de nous unir avec Marie et Joseph qui présentent leur nouveau-né au Temple.  Nous voulons nous aussi nous présenter au Temple.
De fait, on pourrait dire bien des choses au sujet de cette fête mais j’aimerais simplement attirer votre attention sur la dimension ‘cosmique’ de notre célébration.  Vous n’êtes pas sans savoir que Jésus a indiqué à quelques reprises qu’il était le Temple de Dieu – il est le nouveau Temple.  À partir de Jésus, il n’y a plus vraiment besoin du Temple de Jérusalem.  Jésus dira : « Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai. » Mais Jésus parlait du sanctuaire de son corps. »  Pensez-y un instant, l’Enfant-Jésus, le fils du Père éternel, le Christ Seigneur, le Messie Sauveur, le Temple du Dieu vivant, est présenté lui-même au Temple!  Nous avons en même temps et au même endroit deux Temples qui représentent le même Dieu tout-puissant!  C’est lequel qui contient lequel?  Est-ce Jésus qui vient au Temple ou bien est-ce le Temple qui reçoit Jésus?
Bref, il s’agit ici d’un geste d’une portée absolument inouïe!  L’évangéliste St Luc nous le confirme plus tard dans son évangile.  Alors que Jésus est crucifié et qu’il est sur le point de mourir l’évangéliste écrit : « Le rideau du Sanctuaire du Temple se déchira par le milieu.  Alors Jésus poussa un grand cri : « Père, entre tes mains, je remets mon esprit. »  Ainsi donc, peu de temps après sa naissance, Jésus est présenté au Temple et ensuite, juste avant sa mort, le rideau du Sanctuaire est déchiré en deux.

St Paul nous dira aussi que nous sommes nous-mêmes le Temple de l’Esprit Saint.  Si nous sommes le Temple de l’Esprit Saint ce n’est certes pas par nos propres moyens, c’est grâce à Jésus.  La grâce de Dieu nous permet de nous unir à Jésus qui est le Temple du Dieu vivant.
Voilà pourquoi cette fête devient une fête pour encourager les vocations à la vie religieuse, parce que la vie religieuse c’est précisément l’annonce que chacun et chacune d’entre nous nous sommes le temple de l’Esprit Saint.  C’est vrai, c’est beau, c’est grand.  Tellement vrai, tellement beau et tellement grand que des hommes et des femmes laissent tout et sont prêts à faire comme Jésus et à se présenter au Temple pour offrir toute leurs vies, toutes leurs puissances, toutes leurs existences au Seigneur Jésus.
Au fond, cette fête nous ramène à notre vocation chrétienne personnelle.  Au jour de notre mort, le Seigneur va regarder si, oui ou non, on a toujours notre lampe allumée.  Ce matin nous sommes rentrés avec des chandelles allumées mais quand on va mourir, seront-elles encore allumées?