dimanche 19 avril 2020

Aimer jusqu'à pardonner (Jean 20,19-31)



Si je vous demande de me dire comment vous savez si quelqu’un vous aime vraiment, ce serait intéressant d’entendre vos réponses.  On pourrait dire qu’aimer quelqu’un c’est connaître ses préférences au point de savoir comment lui faire plaisir ou comment lui tomber sur les nerfs…  Aimer quelqu’un, ça peut vouloir dire être prêt à faire passer les goûts ou les besoins de l’autre avant les nôtres…  Aimer, ça peut vouloir dire être capable de préparer un petit déjeuner au lit une fois de temps en temps…  Aimer, c’est savoir écouter aussi.  Mais surtout, je pense qu’aimer c’est d’être capable de pardonner.  Je crois qu’on a pas vraiment aimer quand on a pas appris à pardonner.
Je vous dis ceci ce matin car nous célébrons aujourd’hui le deuxième dimanche de Pâques qu’on désigne aussi comment étant le dimanche de la Miséricorde Divine.  Il s’agit d’une dévotion d’origine polonaise qui était très chère au Saint Pape Jean-Paul II, lui-même polonais.  Il l’a étendu à toute l’Église universelle. Ce que cette fête nous propose comme message c’est que Dieu a tellement aimé le monde qu’il nous a donné son Fils unique qui est mort et ressuscité par amour pour nous.  Or, parler d’amour ça veut précisément dire parler de miséricorde et de pardon.
Ce n’est pas moi qui le dis, c’est le texte de l’évangile de ce dimanche.  Jésus apparait à ses disciples et fait descendre sur eux l’Esprit-Saint.  Et Jésus ajoute tout de suite comme pour dire à quoi ça sert l’Esprit-Saint : « À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis. »  Dans mon livre à moi, c’est du pardon dont on parle ici, tout particulièrement sous la forme du sacrement du Pardon.
Évidemment, parler de pardon ça implique de parler d’une autre idée qui est aussi importante: le regret, la conversion.  Je peux bien demander pardon, mais si je ne le regrette pas ou que rien ne change, ça devient fatiguant à la longue...  C’est vrai que Jésus a dit qu’il faut pardonner 70 fois 7 fois mais c’est aussi vrai qu’il a invité les gens à qui il pardonnait leurs péchés de ne plus pécher dans l’avenir.

D’ailleurs, c’est un peu ce qui arrive à Thomas dans l’Évangile.  Thomas l’incrédule nous ressemble tellement!  On veut toujours avoir des preuves pour tout et pour rien!  On veut des signes pour tout.  On veut des explications pour tout; comme Thomas.  Mais Jésus ne fait pas de reproche, il dit simplement à Thomas : « Parce que tu m’as vu, tu crois.  Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »  Ayoye!  Bonne leçon d’humilité… 
Et pourtant, j’ai envie, moi, de remercier l’apôtre à genoux pour son doute car comme l’a si bien dit le saint pape Grégoire le Grand dans un sermon portant sur cet évangile : « l’incrédulité de Thomas a été plus avantageuse pour notre foi que la foi des disciples qui ont cru. »  Pourquoi?  Parce que son doute confirme notre foi.  Si ce n’avait été de lui, nous aurions eu aucun récit des apparitions du ressuscité dans lequel un disciple touche et met le doigt dans la plaie de Jésus.  C’est un témoignage exceptionnel.
Et une fois que Thomas a mis son doigt dans le côté de Jésus, il fait l’expérience d’un grand revirement dans son corps et son âme.  Plus rien ne sera jamais pareil.  Il confesse : « Mon Seigneur et mon Dieu! »

Le tableau que vous voyez ici à mes côtés est une reproduction de l’icône de Jésus miséricordieux. Vous voyez que deux rayons sortent du côté de Jésus, d’après la vision qu’en a eu la voyante Sr. Marie-Faustine.  Le rayon plus pâle représente l’eau qui justifie les âmes et le rayon rouge représente le sang qui est la vie des âmes.
Ce matin, accueillons le don de l’Esprit Saint afin d’obtenir le pardon des péchés et l’affermissement de notre foi pour le plus grand bien de nos âmes.  Amen.

samedi 11 avril 2020

message de votre curé, P. Éric, pour Pâques 2020

Sur la suggestion du séminariste Francis, j’ai pensé que ce serait une bonne idée de vous adresser un message spécial à l’occasion de Pâques cette année.
Les événements des dernières semaines ont complètement bouleversés notre vie quotidienne.  Plus rien n’est pareil comme avant, et maintenant on nous parle « d’une nouvelle normalité ».  Ça fait seulement deux mois que ce virus a un nom.  Au début de la pandémie, les informations que vous receviez alors que vous étiez au travail changeaient de jour en jour, parfois d’heure en heure et même de manière contradictoire.  Peut-être avez-vous déjà perdu votre emploi...  On a aussi interrompu les classes pour les élèves.  La conclusion de l’année scolaire demeure incertaine.  Allez faire l’épicerie, ou se rendre à la pharmacie est devenu compliqué. Le nouveau vocabulaire sur toutes les lèvres c’est : « distanciation sociale et confinement. »  Plus de coiffeuse, de barbier, de soirées au restaurant, de parties de carte, plus de café au restaurant du coin avec les amis.  Et le plus choquant de tout : plus même de visite de vos propres enfants et petits-enfants.
Et aussi, plus de visite à l’église.  Et c’est là probablement un gros sacrifice pour la plupart d’entre vous.  Il faut le dire clairement : le virus corona et l’Église nous nous battons pour la même clientèle.  Le virus veut votre mort, nous nous voulons votre bien spirituel.  En ce sens, toutes les mesures contraignantes qui sont prises (y compris celle de ne pas pouvoir venir à l’église) sont, disons-le honnêtement, contre nature.  En d’autres mots, vous avez le droit d’être fâché.  Vous avez le droit d’avoir de la peine.  Vous avez le droit de vous demander si ça en vaut vraiment la peine.  Et c’est notre devoir à nous et à vos proches de vous dire que c’est bien que ce soit ainsi car ce qui est en jeu ici c’est la vie ou la mort.  Aussi bien choisir la vie…
Ceci étant dit mon message pour vous ce matin c’est qu’on ne va sortir de ceci tout seul.  Le virus cherche notre perte.  Les mesures contraignantes nous apparaissent comme faisant partie du problème, mais ce ne sont pas les mesures contraignantes qui sont mal.  Ce qui est mal, c’est le virus.
On dit que le meilleur moyen de combattre la morsure d’un serpent c’est d’utiliser le venin du serpent comme un anticorps.  On dit aussi qu’on combat le feu par le feu comme le font les pompiers contre les feux de broussailles et les feux de forêts.  Eh bien, pour combattre le virus, il faut utiliser les armes qui sont à notre portée, aussi difficiles à accepter ces mesures puissent-elles être.
En deux mots, le dicton veut que la chaine ne soit pas plus forte que son maillon le plus faible.  Si on veut passer au travers de cette épreuve il faut être solidaires les uns avec les autres.  La complaisance, l’indifférence ou la négligence n’ont pas leur place.
J’aimerais vous dire que Francis et moi nous voulons vous assurer de notre entier support spirituel en cette période très difficile pour vous et vos proches.  Pâques, c’est la fête de la vie plus forte que la mort.  C’est la fête de la Vie qui nous unit, nous fortifie, nous stimule et nous vivifie.  En attendant que vous puissiez remettre les pieds dans votre église, Francis, moi et quelques autres personnes nous en prendrons bien soin.  Joyeuses Pâques!

jeudi 9 avril 2020

Jeudi Saint - La dernière Cène



Les repas sont très importants dans la vie.  Non seulement parce qu’on y mange de la nourriture qui soutient notre corps mais aussi parce qu’il s’agit d'une occasion où nous pouvons nous rencontrer en famille et partager d’agréables moments.  D’ailleurs, presque toutes les fêtes de famille impliquent un repas sous quelque forme que ce soit.  Manger et être heureux vont main dans la main.
Jésus a choisi l’occasion d’un repas pour partager avec ses disciples un dernier moment d’intimité avant l’heure de sa Passion.  Il leur a alors offert un long discours d’adieu.  Il s’est même permis de poser un geste d’humilité en nouant le tablier autour du coup et en se mettant à genoux au pied de ses disciples pour leur laver les pieds.  À l’époque de Jésus, ce sont les esclaves qui lavaient les pieds de leurs maitres et leurs invités.  En posant ce geste, Jésus nous fait une leçon d’humilité et de service.  Ce qu’il a fait pour ses disciples, il faut le faire les uns pour les autres.  Si nous sommes les amis de Jésus, nous devons servir les autres.
S’il y a quelque chose de positif avec le virus corona, c’est qu’on a plus le choix de rester à la maison, de cuisiner de bons petits plats et de manger ensemble.  D’habitude on n’a pas le temps à cause du travail, des amis, des devoirs et à cause de toutes sortes d’autres choses…  Depuis trois semaines, on n’a pas le choix : tant qu’à manger, aussi bien le faire ensemble!
Alors, on laisse de côté nos téléphones et on prend le temps d’être ensemble, de parler ensemble, d’avoir du plaisir ensemble, d’écouter l’autre, de se laisser écouter par l’autre; bref, d’aimer les autres et de se laisser aimer par eux.  Ça fait du bien finalement!

J’aime ça m’imaginer que c’est exactement ce que Jésus désirait faire avec ses disciples lors de la dernière Cène.  Comme c’était son dernier repas avec eux, il a voulu leur laisser tout ce qui était important pour lui.  Trois choses d’après moi : son corps et son sang d’abord,  la plus belle nourriture qui soit;  une nourriture pour le corps et une nourriture pour l’âme.  La deuxième : le commandement du service, car « il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis », et la troisième : l’importance de passer du temps ensemble. 
D’après la tradition, la dernière Cène de Jésus était aussi la Pâque juive.  Jésus, tout Juif qu’il était, fête aussi la Pâque car il va bientôt passer de ce monde vers son Père.  Avant son départ, Jésus nous donne tout ce dont nous avons besoin pour nous y préparer ; et je me répète : il nous donne son corps et son sang, il nous donne le commandement du service, et il nous enseigne à propos de l’importance de passer du temps ensemble.
Par contre, deux des trois points sont impossibles à réaliser cette année dans nos communautés paroissiales : vous ne pouvez pas recevoir la communion et on ne peut pas être ensemble.  La seule chose qu’on peut faire c’est servir.  Alors, servez-vous!  Servez-vous les uns les autres, et servez-vous à la table familiale de Pâques, parce qu’après tout le plus grand commandement d’après Jésus c’est de nous aimer les uns les autres comme il nous a aimé.  Et ça personne peut vous l’enlever.

samedi 4 avril 2020

"Mon Dieu, comment on va faire?" (Dimanche des Rameaux et de la Passion)


La sauce aigre-douce, vous aimez?  Vous savez, quand on va au restaurant pizzeria Alexandria et qu’on commande des mets chinois, on nous propose souvent une sauce qui goûte à la fois sucré et amer…  C’est une combinaison de goût qui est très populaire en cuisine et pas seulement pour les mets asiatiques.  On dit que nos papilles goûtent d’abord le sucré sur le bout de la langue et qu’ensuite on goûte les goûts plus amers à l’aide d’autres papilles.
Il me semble que la liturgie du dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur nous propose justement une liturgie qui a une saveur aigre-douce.  On a d’abord souligné l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem au début de la célébration.  C’était là la saveur plus douce du jour.  Et puis nous avons enchainé avec la lecture de la Passion dans l’évangile selon St Matthieu et là c’était le côté plus amer du jour.
C’est comme ça pour la liturgie.  Ç’a été comme ça aussi pour la vie de Jésus.  Pendant sa vie publique, Jésus a vécu des moments de grandes joies.  Des moments qui ont lui apporté beaucoup de satisfaction, sachant que ce qu’il accomplissait faisait une différence dans la vie des gens.  Mais il a aussi vécu des moments de détresse intérieure qui ont culminés au moment de sa passion.  Il lui a semblé à ce moment-là qu’il perdait son temps.  Le démon le tentait pour qu’il se décourage.
Notre vie n’est pas différente de la vie de Jésus.  Nous aussi nous avons vécu des moments de grande joie.  On a vraiment l’impression de faire une différence dans la vie de notre communauté.  On fait une différence dans nos familles.  On fait une différence au travail.  On gagne bien notre vie.  Et puis, soudainement, tout bascule.  Le virus COVID-19 apparait sur le marché et on perd notre travail, on vit dans l’isolement, on a que des contacts virtuels avec nos amis et nous vivons à l’heure de la distanciation sociale et du confinement.  C’est pas jojo par les temps qui courent. Et en plus on nous a annoncé hier qu’on pourrait avoir à subir les impacts du virus pendant 18 mois, voire même deux ans.  Mon Dieu, comment on va faire?
Si on avait dit à Jésus au moment de son baptême au Jourdain tout ce qui l’attendait, je suis à peu près certain qu’il aurait lui aussi demandé : « Mon Dieu, mais comment je vais faire? »  Jésus a été courageux jusqu’au bout.  Il a été courageux parce qu’il était rempli de l’Esprit Saint, l’Esprit du Seigneur Dieu.  Jésus nous a donné l’exemple ce matin.  Quand il a été accueilli triomphant, il nous encourageait.  Quand il a été cloué sur la croix, il nous a donné l’exemple et il nous encourage, encore une fois.

Dieu seul sait ce qui nous attend d’ici une semaine ou deux, ici chez nous dans Glengarry.  Si on connaissait le futur, on demanderait peut-être « Mon Dieu, mais comment on va faire? »  C’est inutile.  Jésus nous donne l’exemple.  Son dernier cri sur la croix sonne comme un cri de désespoir : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné? »  Soyons patients.  Soyons courageux.  La suite sera plus belle.

samedi 28 mars 2020

Ne pas dire: "Si seulement j'avais su!" (Jean 11,1-45)


Attribution: Superman Fights Coronavirus by Rick McKee, CagleCartoons.com

J’ai vu cette caricature sur internet cette semaine et ça m’a fait bien rire.  Vous voyez ici Superman assis confortablement dans son salon.  Une dame qu’on peut imaginer être sa mère lui adresse un reproche sur un ton un peu agressif en lui demandant s’il ne pourrait pas faire quelque chose pour combattre le virus COVID-19.  Superman répond en disant : « Mais je fais quelque chose ».  Il a en main un journal dont la manchette en première page dit : « Restez à la maison. »  C’est sympa non?
Nos superhéros ces jours-ci ce sont les professionnels de la santé qui s’occupent de nos malades atteints du virus.  Leur dévouement n’a pas d’égal.  On peut prier pour eux ce matin.
Jésus aussi joue aux superhéros dans l’évangile.  Nous avons ici un des textes les plus spectaculaires de tous les évangiles!  Peut-il y avoir quelque chose de plus extraordinaire que de faire ressusciter un mort?  Et de le ramener à la vie 48 heures après son décès?  Et après qu’il ait été déposé dans sa tombe?  Et que l’odeur de la mort se fait sentir?  De fait, dans l’évangile selon St Jean la résurrection de Lazare représente le point de non-retour pour Jésus.  À partir de ce moment, ses ennemis vont définitivement avoir décidé de son sort.  Il est fini.
Est-ce pour cela que Jésus hésite à aller voir son ami?  En tout cas, l’attitude de Jésus est étonnante.  Mettons-nous à la place de Marthe et Marie qui envoient un messager dire à Jésus que son ami Lazare est mourant.  Ce messager revient et dit à la famille : « Je ne sais pas trop.  Il avait pas l’air pressé. »  Mettons-nous à la place de Lazare aussi!  Il sait qu’on est allé aviser Jésus.  Il sait que Jésus sait qu’il est mourant.  Il fait un effort pour l’attendre parce qu’il sait que Jésus pourrait le sauver.  Mais Jésus n’arrive pas.  Quelle effroyable agonie!
Parfois dans la vie on dit : « Si j’avais su! »  Combien de fois l’avez-vous dit et pour combien de circonstances différentes?  Pensez-y.  Je ne donne même pas d’exemple… « Si seulement j’avais su. » Jésus ne pouvait pas dire en arrivant chez son ami Lazare 48 heures après sa mort : « Si j’avais su! »  Il n’avait même pas besoin de le dire.  Jésus savait ce qu’il faisait depuis le début.  Il voulait tester la foi de Marthe et Marie.  Mais à quel prix pour le pauvre Lazare?

Cependant, une fois que le miracle est accompli, plus personne dans le foyer de Béthanie ne va mettre en doute les intentions de Jésus.  Tout le monde comprend que cet événement prodigieux était destiné à prouver que Jésus est Maître de la vie et de la mort.  Jésus est prophète ici.  Il parle de sa propre mort.
Depuis trois semaines déjà les autorités sanitaires nous cassent les oreilles en nous disant de rester à la maison.  La raison est simple : le seul moyen de nous protéger contre ce virus aux conséquences dévastatrices, c’est précisément de rester à la maison.
Dans un mois, ce serait dommage que vous et moi on se mette à dire : « Si seulement j’avais su! »  Parce que c’est un fait que… nous savons.
Vous et moi, nous pourrions être des superhéros comme Superman dans la caricature.  Vous et moi nous pourrions faire un acte de foi semblable à celui de Marthe et Marie (malgré leur doute) pourvu que nous mettions en pratique cette parole toute simple : « Restons à la maison. »

samedi 21 mars 2020

Poser des questions et y répondre... (Jean 9,1-41)


Vous rappelez-vous l’époque où ce n’était pas bien vu de trop poser de questions dans l’Église?  Quand quelqu’un demandait : « Pourquoi c’est comme ça? », on l’interprétait comme une manière de mettre en doute le status quo.  C’était comme si on nous disait : « Si tu as la foi, pose pas de question! »

Or, ce n’est pas vraiment le parcours de l’aveugle-né dans le texte de l’évangile que nous venons d’entendre.  Car ce pauvre type est malmené de tous bords et de tous côtés.  Tout le monde lui pose des questions, parfois la même deux fois plutôt qu’une, et lui-même en a une ou deux.  Le plus étrange cependant c’est que ces questions bien loin de le faire sombrer dans le doute sur lui-même et sur ce qui lui arrive, le font plutôt approfondir sa foi…  Voyez par vous-même : au début du récit il désigne Jésus simplement par le terme « l’homme qu’on appelle Jésus » mais à la toute fin du récit, quand Jésus lui demande : « Crois-tu au Fils de l’homme? »  Il finit par le reconnaitre et proclame : « Je crois, Seigneur! »  Jésus n’est plus seulement un type quelconque, il est devenu son maitre et son Seigneur.  Ils se connaissent mutuellement.
Ce que ce récit nous montre c’est qu’il n’y a rien de mieux dans la vie que de se poser des questions.  C’est bien de se poser des questions par rapport à nous-mêmes : « Est-ce que je suis vraiment la personne que je désire être? »  « Quelles sont mes forces?  Quelles sont mes faiblesses? »  C’est important aussi de laisser les autres nous remettre en question.  Parfois, une personne qui nous connait bien a le mot juste pour nous remettre sur le droit chemin quand on en a de besoin.  Et enfin, parfois il ne faut pas avoir peur de nous-mêmes poser des questions en fonction des événements de la vie. Ce qui est en jeu ici, c’est de se connaitre vraiment personnellement.  Ç’a fait du bien de se connaitre soi-même.
C’est ce qui arrive à l’aveugle-né.  Plus on lui pose des questions, plus il se rend compte que Jésus doit être quelqu’un de spécial.  Quand il constate que les Pharisiens ne comprennent pas et ne veulent pas comprendre, quand il constate que sa propre famille a peur, il passe de l’indifférence à une profession de foi pleine de vigueur.  Parfois, ç’a fait du bien de poser des questions et de faire un effort pour y trouver des réponses.
Présentement, il y a beaucoup de monde qui se posent des questions par rapport à la menace du virus Covid-19.  Certains vont même jusqu’à remettre en question la pertinence des mesures draconiennes que le gouvernement impose à  la population.  On questionne et on met en doute.  Or, j’ai été surpris de voir sur facebook le témoignage d’un citoyen du nord de l’Italie qui a survécu au coronavirus et qui offre un plaidoyer percutant par rapport à son expérience.  Il dit : « Contrairement à ce que certaines personnes prétendent, ce virus n’est pas seulement une grippe.  C’est quelque chose qui prend possession de tout ton être et qui prend tes poumons.  Il y a trop d’ignorance par rapport à ce virus, dit-il.  Comment peux-tu vaincre ce que tu ne connais pas? »  Il a bien raison ce monsieur, comment peut-on vaincre l’ennemi qu’on ne connait pas…  C’est bien vrai. 
À l’heure actuelle de grands sacrifices sont imposés à chacun et à chacune d’entre nous.  On n’a pas encore vu le pire de la pandémie.  À défaut de ne pas connaitre l’ennemi, il faut se protéger.  Et dans un autre ordre d’idées (totalement), si on réalise à un moment donné ou l’autre dans notre vie que la personne de Jésus nous fait beaucoup plus de bien qu’on le pensait au départ, c’est peut-être le temps pour nous de nous rapprocher de lui.  L’aveugle-né l’a fait et il peut enfin dire : « Jésus, je te connais. »

dimanche 15 mars 2020

Avoir soif! (ou bien, le virus corona n'aura pas le dernier mot)


Avez-vous déjà eu soif?  Vraiment soif?  Au point d’avoir la bouche sèche?  En plein été?  Durant la canicule?  « Si seulement je pourrais avoir de l’eau, » pensiez-vous.  Même de l’eau pétillante à saveur de fruit, vous connaissez?  Une eau pétillante, bien fraîche.

La Samaritaine qui se présente au puits au moment le plus chaud de la journée avait probablement soif.  En tout cas, elle avait besoin d’eau.  Jésus aussi doit avoir soif.  Lui aussi se présente au puits.  Dans leur soif respective se dégage une rencontre qui dévoile une autre soif plus profonde : la soif de la Samaritaine pour l’amour vrai et la soif de Jésus d’offrir cet amour à quiconque voudra bien l’accueillir.
Nous vivons présentement une période stressante pour la vie de chacun et de chacune d’entre nous.  Des personnes âgées s’inquiètent pour leur bien-être physique, des parents s’inquiètent pour leurs enfants de même que pour leurs parents.  D’autres pensent peut-être que les mesures prises sont exagérées.  D’une manière ou l’autre, notre vie quotidienne est bouleversée, notre routine est sens dessus dessous.  Nous vivons dans l’incertitude par rapport au lendemain, voire même dans l’anxiété.
Pour vous qui êtes ici tous les dimanches, l’idée qu’on puisse vous priver de l’Eucharistie alors que vous en avez le plus besoin est pour le moins déconcertante.  C’est un sacrifice difficile à accepter.  Après tout, quand on a soif, on veut boire!
J’aimerais vous dire ce matin que la soif spirituelle ne se rassasie pas de la même manière que la soif du corps physique.  Pour le corps, tant qu’on n’a pas de l’eau, notre soif n’est pas rassasiée.  Pour l’esprit, pour l’âme, c’est différent.  Écoutez-moi bien : le seul désir spirituel peut compenser le manque; oui, le seul désir spirituel peut compenser le manque.  Car Dieu ne regarde pas comme les hommes, Dieu regarde le cœur.  Si vous désirez intensément quelque chose, le Seigneur le sait, lui.

Ainsi donc, vous avez soif de célébrer l’Eucharistie.  Vous êtes peinés et désorientés que cela ne soit pas possible. Vous vivez un moment difficile qui vous cause du stress et vous vous voudriez pouvoir rencontrer Jésus.   Eh bien, vous pouvez très bien le faire dans le secret à partir de la maison et désirer communier avec Jésus de manière spirituelle, dans votre cœur.  C’est ce qu’on appelle faire une communion spirituelle.
Alors, avez-vous soif?  Désirez-vous rencontrer Jésus?  Désirez-vous le recevoir?  Alors disons ensemble cette belle prière composée par St Alphone de Liguori au 17e siècle :
Mon Jésus, je crois à votre présence dans le Très Saint Sacrement.
Je vous aime plus que toute chose et je désire que vous veniez dans mon âme.
Je ne puis maintenant vous recevoir sacramentellement dans mon cœur : venez-y au moins spirituellement.
Je vous embrasse comme si vous étiez déjà venu, et je m’unis à vous tout entier.
Ne permettez pas que j’ai jamais le malheur de me séparer de vous.  Amen.